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Triathlon S des Collines

Cette course, j’en ai rêvé. Pas celle-ci en particulier, mais la discipline du triathlon me faisait de l’œil depuis un an. Lorsque mes copains m’avaient parlé d’en réaliser un, je ne me sentais pas prête. Je n’avais pas remis les pieds dans une piscine depuis des lustres, et je n’avais jamais fait de vélo autrement qu’en balade. 

Tout doucement, j’ai repris le chemin de la piscine et j’ai retrouvé mon élément, celui dans lequel j’ai appris l’amour du sport lorsque j’étais plus jeune. La technique est revenue assez rapidement et je me sentais confiante, je prenais du plaisir, j’avais hâte de faire plus.

Pour le vélo en revanche, impossible d’aller rouler. Je n’avais pas de vélo à moi et entre le travail et tout ça, je me trouvais bien des excuses pour ne surtout pas affronter ma peur.

Jusqu’au jour où, avec tout notre joyeux groupe de copines on s’est dit : et si on faisait un triathlon ? 

Voilà comment hier, je me suis retrouvée au départ du triathlon S des Collines, à St-Barthélémy-en-Vals.

L'avant-course et le départ

Jour-J, je m’alimente correctement depuis une semaine, je bois beaucoup, et je crois que mon corps est prêt.

Checklist complétée, je n’ai rien oublié. Trifonction, casque et VTT prêtés par ma copine Lulu, porte dossard prêté par ma copine Elise, ainsi que la gourde pour le vélo… Bref, je me suis rendue compte que le triathlon, ça coûte cher !

Nous voilà partis à 10h30 un dimanche matin pour aller faire un triathlon… Mais quelle drôle d’idée. Après avoir eu peur pendant des jours, maintenant j’ai hâte. Je SAIS que je vais réussir, que je vais y arriver. Au fond de moi il n’y a pas d’autres options possibles. 

Je pense à la façon dont mes proches seront fiers de moi et ça me donne la rage d’y arriver.

On retrouve les copains, on mange un bout, on se prépare… Et me voilà déjà sur la ligne de départ de la natation. Hein ? Quoi ? Mais attendez, psychologiquement je suis pas prête ! 

Pas le temps de tergiverser, le départ est lancé.

triathlon des collines

La natation

Nous voilà partis pour 750m de nage (il me semble qu’il y avait un peu plus mais difficile à dire pour moi). Je m’élance en brasse. Je décide de m’économiser jusqu’à la moitié du parcours et de pousser un peu si je me sens bien. Le crawl me démange mais je tente de rester raisonnable (je ne résiste pas à quelques mouvements quand même…). 

Les garçons arrivent pour nous nager dessus, bien qu’on soit parties deux minutes en avance. On est d’accord, ça ne change pas grand chose. Je m’étais placée tout à droite, et ai donc évité l’effet « machine à laver » ! Ça, c’est fait !

Je reprends tranquillement, passe la première bouée, puis la deuxième… Et je me dis que c’est le moment d’y aller quand David, le coach de ma copine Margot, me rejoint. Finalement je reste en brasse encore un moment pour discuter, et je crawle un tout petit bout de temps histoire de dire que je n’ai pas fait que de la brasse… J’ai même eu droit à un compliment sur mon crawl, ce qui m’encourage et me conforte dans l’idée que j’ADORE la natation. 

La transition

Ce qui me stressait le plus dans le triathlon ? Les transitions. Même si je suis quelqu’un d’ordonné à la base, sous le stress, je perds mes moyens. Grâce aux conseils de Milie, j’avais réussi à ranger correctement mes petites affaires et je m’y suis assez facilement retrouvée. Séchage de pieds OK, baskets OK, casque OK, pompote avalée, gourde accrochée… y’a plus qu’à ! 

On ira pas jusqu’à dire que je suis confiante, mais pas loin. La natation a été géniale même si j’étais un petit escargot de la nage, alors le vélo se passera bien aussi.

 

Le vélo

5 premiers kilomètres, tranquillou, je ne vais pas très vite mais tout va bien.

Puis, ça se corse.

J’ai pris le départ de cette étape avec le VTT de Lulu, ce qui me semblait être une bonne chose étant donné que je n’ai pas roulé avec un vélo de route depuis mon enfance. Le problème, c’était ce parcours vallonné, fait de montées, de descentes, à n’en plus finir. Le vélo était lourd à pousser, et dans les descentes, je n’arrivais pas à accélérer. Sur du plat, j’atteins péniblement les 25km/h… 

C’est de plus en plus difficile et je suis obligée de descendre de mon vélo à plusieurs reprises pour marcher à côté car honnêtement, j’allais plus vite comme ça ! La voiture balai arrive à mes trousses au 8ème kilomètre, avec une fille qui deviendra ma partenaire pendant les 4 prochains kilomètres. Elle me remotive, elle me pousse jusqu’au bout du bout. Elle a un joli vélo de course, même si elle ne roule pas souvent non plus. Ça me rassure de ne pas être seule.

Puis à un moment donné, on se perd dans une côte qu’elle arrive à monter et pas moi. Je tiens bon, je suis obligée de descendre de mon vélo qui tangue tant je peine à appuyer sur les pédales. Remotivée, je pense à mes proches, je pense à moi-même, je me dis que je suis capable, que je vais le faire, que je peux le faire. 

13ème kilomètre. Une nouvelle côte dont je ne vois pas la fin a raison de mon mental. Je descend une nouvelle fois et mes jambes flagellent. Je m’écroule au sol et j’attend de retrouver le jus, qui ne revient jamais. La voiture balai s’arrête, j’ai la tête qui tourne. Je pleure, je suis déçue, dégoûtée, mais soulagée de voir quelqu’un venir m’aider à me relever… 

L'abandon

Même si je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, je commence à me trouver des excuses. Le vélo est trop lourd, le parcours est trop dur, il fait trop chaud. En vérité, j’imagine que ma défaite est due au manque d’entraînement plus qu’autre chose. 

Honnêtement, je n’aurais jamais pensé avoir à écrire ces lignes lorsque j’ai pris le départ hier après-midi. J’aurais pensé arriver au bout. Sur mon vélo, je m’imaginais passer la ligne d’arrivée, j’imaginais l’émotion de mes proches, la mienne aussi. Bref, c’était inconcevable de ne pas finir ce triathlon.

Mais la difficulté du parcours, le manque de matériel, le manque d’entraînement, le manque de mental, ont eu raison de cette arrivée.

Sur le coup, je n’étais pas déçue, bien au contraire. M’arrêter a été un soulagement pour moi, une délivrance de l’impossible. Je n’aurais pas pu terminer, je le sais.

 

Hasta la vista, triathlon...

Je ne vais pas vous dire que ce n’est pas difficile. Depuis que je suis rentrée chez moi, j’ai cette boule dans la gorge qui ne me quitte pas. Le sentiment de ne pas être à la hauteur, de s’être déçu soi-même…

Pourtant, je sais que je recommencerai, je ne suis pas dégoûtée de ce sport. J’ai envie de me prouver que je suis capable Et je le ferai.

Abandonner, c’est aussi courageux que de continuer. C’est affronter sa faiblesse et l’avouer aux yeux de tous. C’est apprendre de ses erreurs, tomber pour mieux se relever. Ce n’est pas un échec, c’est simplement un apprentissage.

J’aurais aimé me dire triathlète, passer la ligne d’arrivée. Mais ce ne sera pas pour cette année. 

A bientôt, à l’année prochaine, en pleine forme, pour prendre ma revanche et enfin passer cette fichue ligne d’arrivée. Je me promets que j’y arriverai.

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